LES FILMS QUI NOUS REGARDENT

3 jours, 3 films, 3 rencontres :
un cycle de projections programmé par Latifa Laâbissi et Alice Diop

Alice Diop est cinéaste. Elle réalise des documentaires incisifs qui travaillent la question de l’exil et interrogent sans cesse le récit National. Latifa Laâbissi est chorégraphe et son travail questionne les processus de domination culturelle sous-jacents. Elles ont choisi de mettre en partage trois films qui nourrissent leurs imaginaires autour de la thématique de la domination : domination culturelle, domination interclasses, domination de genre…

• Mardi 18 décembre 
Vers la tendresse — Alice Diop
Vers la tendresse est un écrin de sensibilité et de pudeur pour des voix qui d’ordinaire ne se font pas entendre lorsqu’elles parlent d’amour. Ce sont les voix de jeunes de Seine-Saint-Denis que la réalisatrice, lors d’entretiens préalables au film, a su bousculer, frontale mais respectueuse, au point de parvenir avec eux jusqu’à des zones d’intimité d’une sincérité troublante. Qu’en est-il pour eux de la tendresse ?

• Mercredi 19 décembre
Brûle la mer
 — Nathalie Nambot et Maki Berchache
Dans l’élan de la révolution tunisienne, après la chute de Ben Ali, 25 000 jeunes tunisiens ont pris la mer vers l’Europe, via Lampedusa. Maki Berchache est l’un d’eux. A partir de son histoire, de fragments d’images, de récits, avec ses amis de voyage ou rencontrés à Paris, Brûle la mer revient sur cette tentative de liberté et la violence d’une hospitalité refusée. Comment le pays quitté devient le pays rêvé.

 • Jeudi 20 décembre
Simone Barbès ou la vertu — Marie-Claude Treilhou
Simone Barbès, ouvreuse dans un cinéma porno, est une tige brune et incandescente, à la gouaille incendiaire, figure discrète de la nuit parisienne qu’on accompagne le temps d’une seule soirée, découpée en trois actes. Coup de maître d’un culot et d’une grâce infinis, le film apparaît comme l’un des chefs-d’œuvre oubliés du cinéma français, trait d’union possible entre le cinéma populaire d’avant-guerre et les conquêtes ­libertaires d’après la Nouvelle ­Vague. Il incarnerait même, rétrospectivement, un contre-modèle soucieux des marginalités, des diversités sexuelles. Trente-huit ans plus tard, ce film de Marie-Claude Treilhou n’a rien perdu de son bouillonnement existentiel ni de sa verve sentimentale.

ARRÊT SUR IMAGE

Chaque projection est suivie d’une discussion animée par Latifa Laâbissi et Alice Diop et la réalisatrice du film diffusé.

INFOS PRATIQUES

  • 18 décembre à 18h30
    au Grand Studio du CCN2

    Gratuit, dans la limite des places disponibles
    Réservation par mail : reservation@ccn2.fr
     Accueil du public dans le hall de la MC2
  • 20 décembre à 20h
    à la Cinémathèque de Grenoble

    Tarifs normal : 6,50 € / réduit : 5,50 €
    Paiement : chèque ou espèce uniquement
    Pas de réservation