Fugue vr

Michel Reilhac & Yoann Bourgeois

Les 17 et 18 octobre 2020 à l’Ancien musée de peinture de Grenoble / Séances à 10h, 10h45, 11h30, 14h30, 15h15, 16h 

Co-écrite par Yoann Bourgeois et le réalisateur Michel Reilhac, Fugue VR est une expérience qui invite à découvrir en réalité virtuelle le spectacle Fugue/Trampoline de Yoann Bourgeois. Conçue pour 15 participants et 2 danseurs-médiateurs pourvus de casques VR, l’expérience collective de réalité mixte est un voyage expérimental et sensoriel dans l’univers de la Fugue/Trampoline que Yoann Bourgeois aime à décrire comme un « jeu de vertige existentiel ».

Gratuit • Dès 13 ans • 20 min
Masque obligatoire  
Sur réservation

Les séances commencent à l’heure. Merci de vous présenter 10 min avant l’heure de la performance. Les retardataires pourront se voir refuser l’accès à la salle.

IMPORTANT

Nous vous remercions de vous présenter au moins 10 minutes avant le début de la séance.
Les séances commencent à l’heure et les retardataires pourront se voir refuser l’accès à la salle en cas d’affluence.

Afin de respecter le protocole sanitaire, nous vous rappelons que le masque est obligatoire pour accéder au musée et pendant toute la durée de l’expérience. Veuillez annuler votre venue si vous présentez des symptômes évocateurs d’une infection au Covid-19 (fièvre, toux) ou si vous avez été en contact avec une personne testée positive.

Par respect pour les intervenants et le public, les annulations doivent être communiquées en envoyant un mail à contact@ccn2.fr

COMMENT AVEZ-VOUS RETRAVAILLÉ LA PIÈCE FUGUE / TRAMPOLINE  POUR L’ADAPTER À LA VR ?

Avec Michel Reilhac, nous avons échangé pour re-scénariser Fugue / Trampoline. C’est grâce à Dominique Hervieu, directrice de la Biennale de danse de Lyon, que notre rencontre a eu lieu. Pendant plusieurs mois, nous avons eu des échanges épistolaires pour trouver un angle artistique et entreprendre cette adaptation.
La figure de Sisyphe (condamné à pousser une pierre au sommet d’une montagne et retombant à l’infini) a été notre lanterne. Le studio Small Bang s’est chargé de la production avec la mise en œuvre de l’ensemble des procédés techniques.

POUR QUELLES RAISONS ÊTES-VOUS PARTI DE CETTE PIÈCE ET DU THÈME DU VERTIGE ?

La VR bouleverse nos perceptions ordinaires et trouble nos repères. C’est déjà une définition possible du vertige. La Fugue / Trampoline est un poème chorégraphique qui s’appuie sur des dimensions vertigineuses à des fins existentielles. J’étais assez convaincu des accointances entre ce nouveau médium et ce petit poème que j’avais précédemment créé. De plus, dans mon désir de numéro, il y a le fantasme de jouer partout. Quand j’ai créé la Fugue / Trampoline, je n’avais pas imaginé les nouvelles géographies qu’offre la réalité virtuelle.
Quand je joue ma pièce, je cherche à créer une empathie kinesthésique. La forme de réalité mixte permet de générer autrement cette empathie, avec un minimum de moyens. J’ai donc imaginé que la Fugue VR pourrait être un vecteur puissant de mouvement, et ce dans un dispositif tout terrain. Aujourd’hui nous envisageons par exemple de la proposer aux personnes alitées, dans les hôpitaux, ce que je ne peux faire avec mon trampoline !
Enfin, c’est sans doute parce que ces deux créations ont en commun ma chorégraphie, qu’on peut percevoir encore mieux l’écart qu’il existe entre ces deux réalisations. La réalité virtuelle permet d’élargir notre conception du réel.

LA VR A EU DES DIFFICULTÉS À PRENDRE SON ENVOL CONTRAIREMENT AUX ATTENTES, PENSEZ-VOUS QUE CETTE TECHNOLOGIE A DE BEAUX JOURS DEVANT ELLE ?

Ce qui est important me semble-t-il c’est de tenter de cerner ce qui menace la vie et de s’engager pour résister à ces menaces. Je suis, pour ma part, convaincu que l’avenir a besoin de poésie. C’est la raison pour laquelle j’appelle les poètes à investir ces nouveaux territoires de jeu, et de ne pas les laisser uniquement aux mains de l’industrie.
Il est toujours difficile de prévoir ce qui va advenir, quel rôle peut jouer la VR dans nos vies futures. Elle sera sans doute ce qu’on en fera. Ce qui est sûr, c’est qu’elle peut beaucoup.

QUELLES RÉACTIONS DE LA PART DU PUBLIC AVEZ-VOUS PU OBSERVER APRÈS CETTE EXPÉRIENCE ?

Il y a beaucoup de réactions fortes, qui gênerent ensuite un besoin d’expression, des paroles émues, des réactions variées.
Cette possibilité d’appréhender une œuvre sous différents prismes est fondamentale : le langage que je cherche est polysémique, appelant une multiplicité d’interprétations. Je suis heureux que cette proposition engendre à son tour une créativité dans l’imaginaire du spectateur.

Interview réalisée pour le Festival Electrons Libres en 2019

Conception et chorégraphie Yoann Bourgeois
Réalisation Michel Reilhac
Musique « Metamorphosis II » de Philip Glass, interprété par Lisa Moore
Danseurs-médiateurs Bruno Maréchal et Leila Brahimi

Production Small Bang
Coproduction Maison de la Danse, Biennale de la danse de Lyon 2018, CCN2 – Centre chorégraphique national de Grenoble, Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma. Avec le soutien du CNC – Centre national du cinéma et de l’image animée, la Région Auvergne-Rhône-Alpes, la Fondation BNB Paribas.